Vahiria Verdet-Janbon est psychothérapeute pour enfants et adolescents, diplômée de l’Institute for Arts in Therapy and Education (Londres) et instructrice de méditation en pleine conscience. 
 
Cette année passée a été un vrai challenge pour tout le monde y compris les parents ! Je ne sais pas pour vous, mais ce n’est pas toujours facile, entre les plus jeunes surexcités, les ados qui font la tête car ils ne peuvent pas voir leurs copains, les parents pas toujours de bonne humeur non plus… et tous ces repas à cuisiner !
 
Voici 5 conseils pour vous aider à ne pas craquer, car nous devons tenir la distance…
 
1. Utiliser la pause respiration
Vous avez juste envie de hurler sur vos enfants, votre conjoint, et partir faire une grande ballade au grand air ! Alors, que vous soyez debout ou assis, vous prenez une grande respiration et vous accueillez ce qui est là pour vous en ce moment, les pensées, les émotions, les sensations corporelles. Vous accueillez tout ce qui est là sans les juger, avec compassion. Puis, vous portez votre attention sur votre respiration, et ressentez votre ventre qui se gonfle et se dégonfle, 3 fois. Vous imaginez que vous inspirez cette stabilité à travers tout votre corps et que vous expirez en laissant partir les tensions. 
 
Cette pause respiration vous permet de créer un espace pour vous recentrer, vous calmer, et ainsi vous permettre d’apporter une réponse qui soit plus réfléchie, plutôt que d’être dans la réactivité, souvent impulsive et pas toujours la plus appropriée.
 
N’oubliez pas que c’est en prenant soin de vous que vous pourrez donner ! Je vous propose tout un module dans mon parcours de coaching, parce qu’apprendre à prendre soin de soi n’est pas toujours évident !
 
2. Utiliser une communication positive plutôt que négative
Facile à dire, moins facile à faire ! C’est vrai, mais c’est aussi une pratique à développer (j’en parle d’une manière plus approfondie dans le dernier module de mon coaching « Elever son enfant sans crier »).. Plus on se plaint de ce qui ne nous plait pas, plus on renforce notre négativité. Mais, si on se met à développer un peu plus de positivité dans notre façon de voir le quotidien et de le partager, alors on développe et on renforce les circuits neuronaux positifs de notre cerveau.
Ainsi, lorsqu’il pleut, on peut se plaindre toute la journée qu’il pleut, et se rendre la journée misérable. Mais, on peut aussi choisir de se dire qu’on ne peut pas empêcher la pluie, et qu’on peut choisir de passer un bon moment malgré tout.
Alors, si vous souhaitez entrainer plus de coopération à la maison plutôt que des plaintes, modelez les messages positifs et évitez les généralisations négatives
 
Par exemple :
Plutôt que de dire: « j’en ai assez de faire les repas toute seule pour toute la famille! »
Dites plutôt : « Marie, tu peux mettre la table s’il te plait, tiens Justine, tu m’aides à couper le concombre ? » Vous pouvez aussi prendre le temps d’un conseil action réaction pour soulever ensemble les difficultés sans jugement ni négativité… et trouver des solutions ensemble.
Vous verrez, vous obtiendrez beaucoup plus de coopération.
  
3. Demandez de l’aide, et partagez vos ressentis et vos difficultés
Il ne s’agit pas ici de vouloir être le parent parfait (ce qui n’est d’ailleurs jamais une bonne idée, car (1) vous allez vous épuiser et (2) votre enfant doit pouvoir s’autoriser lui aussi à ne pas être parfait sans culpabiliser). Vous ne pouvez pas tout faire tout seul.
Alors, vous pouvez tout à fait partager avec votre conjoint et avec vos enfants que c’est épuisant pour vous de tout faire, et demandez-leur tout simplement comment ils pourraient vous aider. Laissez-les réfléchir eux-mêmes sur le sujet et trouver des idées. Vous pouvez peut-être discuter de cela lors de votre conseil de famille et établir un programme des tâches à faire pour chacun. Vous verrez, vous serez étonnés des solutions qui vont jaillir. Enfin, s’ils n’ont pas d’idées, vous pouvez alors faire des suggestions, mais avant de suggérer, laissez chacun trouver des solutions. 
Si vous réalisez qu’il y a eu beaucoup de cris récemment, vous pouvez aussi indiquer que vous êtes désolé.e de vous être emporté.e comme cela récemment, et que c’est justement pour éviter trop de stress et d’énervement que vous leur demandez de l’aide.
 
4. Restez flexible et adaptez ce qui ne fonctionne pas
Chaque membre de la famille a des besoins différents, qui ne sont pas toujours compatibles les uns avec les autres.
C’est l’occasion de pratiquer la validation des ressentis et des besoins de chacun, afin que tous se sentent entendus et compris. Lorsque votre enfant ou votre conjoint ressent l’acceptation de ses émotions, il sera plus à même de discuter de façon réfléchie au lieu d’être entrainé dans sa colère. et de vous y entrainer avec lui. Apres avoir validé et accepté le besoin que votre enfant ou votre conjoint vous soumet, expliquez leur pourquoi il n’est pas compatible avec vos besoins ou avec les contraintes du moment, puis, donnez leur une chance de trouver une solution par eux-mêmesPlus vous engagez la responsabilisation de chaque membre de la famille, plus vous engagez leur coopération.
 
 
5. Rigolez, bouger, dansez !
On a tous besoin d’exercice physique. Alors profitez en pour bouger en famille, ce qui participera à renforcer les rigolades et votre résilience familiale.
Avec le contexte actuel, il y a de plus en plus de cours de gym, danse et autres proposés gratuitement en ligne. Chaque membre de la famille peut en choisir un à tour de rôle à faire ensemble. Vous pouvez aussi mettre votre musique préférée et danser avec vos enfants. Là aussi, chacun peut choisir sa chanson à tour de rôle.
L’exercice et le rire vont entrainer la sécrétion de dopamine qui va bénéficier à toute la famille et participer à la régulation des émotions de chacun. 
Encore dans ce contexte, vous avez sans doute l’impression que vous n’avez ni le temps, ni peut-être l’envie pour ces moments de rire et de détente. Mais ce sont justement ces moments qui vont donner l’énergie à toute la famille. Alors surtout n’en faites pas l’économie ! Même si vous devez un petit peu vous forcer au départ, vous allez voir que la bonne humeur est très vite contagieuse et vous ne regretterez pas d’avoir pris le temps nécessaire à ces moments.

A vivre quotidiennement !