Comment agir face à quelqu’un qui vient de subir un choc ?

J’arrive un matin au travail et découvre qu’un de mes collègues vient de subir choc… Que se soit quelqu’un qui l’a agressé dans la rue, son conjoint, un proche qui lui a hurlé dessus, une voiture qui l’a renversé… On peut avoir du mal à se positionner en ayant peur de prendre une place qui n’est pas la nôtre, d’être indélicat… 

Fanny Bassan, psychologue et praticienne EMDR, nous aide à comprendre comment gérer ce type de situation. Il y a plusieurs choses que nous pouvons faire, avec son coeur et son intelligence en s’adaptant à la personne en face de nous et à la situation. 

  • En premier, je m’assure qu’il est en sécurité

Avant tout, il faut s’assurer que mon collègue est complètement sorti de la situation stressante ou dangereuse. S’il ne l’est pas, appelez les numéros d’urgence.

  • Je l’écoute avec bienveillance 

S’il accepte de parler de la situation qu’il a subie, il est primordial d’écouter avec bienveillance, sans émettre de jugement, pour qu’il se sente entendu, soutenu et compris. S’il peut être bénéfique de normaliser les signes de détresse après un traumatisme (en validant les émotions que ressent la personne – « c’est normal d’être toute tremblant et d’avoir du mal à travailler avec ce que tu as vécu ! »), il n’est jamais productif d’essayer de dédramatiser la situation dans laquelle se trouve la personne (c’est-à-dire, évitez à tout prix de dire « mais ça va passer, t’inquiète. »).

  • Je m’assure qu’il a un entourage qui le soutient.

Il est important de s’assurer que mon collègue a un bon réseau de soutien pour l’aider à traverser cette épreuve (une famille, des amis…) Vous pouvez également lui faire comprendre que vous êtes, vous-même, disponible pour lui. Les questions comme « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » sont particulièrement bienvenues pour que la personne se sente vue et entendue.

  • Je peux l’accompagner tout doucement vers des professionnels de santé

Que faire si la détresse ne passe pas ? Plusieurs jours ou semaines sont passées, et je remarque que mon collègue présente toujours des signes de détresse. Dans ce type de situation, il peut être utile de connaitre le réseau de services psychologiques disponibles autour de soi (par exemple, les psychologues PepPsy qui sont formés au trauma, des centres médicaux psychologiques, les numéros de ligne d’écoute etc.). Toujours avec bienveillance et douceur (il n’y en a jamais assez 😉), je peux accompagner mon collègue dans sa démarche de recherche d’aide professionnelle. S’il est méfiante des services disponibles, se sent mal à l’aise d’aller voir un psy, ou a peur d’être jugée, je lui partage ma propre expérience…ou celle de proches qui ont été consulter.

C’est bien beau tout ça, mais je fais quoi si la personne ne veut pas me parler de sa détresse ?

Et bien je respecte son silence. Il n’est jamais bon de forcer quelqu’un à s’ouvrir, je rajouterai seulement du stress au stress. En revanche je peux lui faire comprendre que je serai là pour elle, disponible, si jamais il décide de s’ouvrir à quelqu’un. Et bien sûr, de manière bienveillante et attentive, je peux essayer de la rediriger vers les professionnels en santé mentale.

Enfin, je n’interviens seulement et seulement si je me sens prêt à intervenir. Il est indispensable de reconnaître mes propres limites