Ma vie de bébé

Une BD à remettre entre les mains de tous les parents (et éducateurs !)

J’ai eu la joie de découvrir Ma vie de bébé, d’Héloïse Junier et Christophe Besse, que je vous recommande très chaleureusement ! Voici mon humble avis de maman ultra-imparfaite (de 4, bientôt 5 enfants) et de psychologue férue de neurosciences. 

Commençons par le commencement : mes impressions en tant que maman 🙂
J’aurais aimé avoir ce livre entre mes mains avant la naissance de mon premier enfant en 2011 pour tordre le cou à mes fausses croyances et surtout m’encourager dans mes balbutiements de maman ! 
Ma fausse croyance en 2011: un bon parent est un parent dont l’enfant fait rapidement ses nuits… et pas dans le lit de ses parents ! En 2011, quand Bébé 1 a fait ses premières nuits à 6 semaines, j’ai cru que c’était grâce à moi, excellente mère ! Heureusement mes autres bambins sont venus déconstruire cette croyance ! J’ai ainsi appris, à mes dépends, que le bébé ne fait pas ses nuits grâce à son parent, mais que chaque enfant a sa propre heure, comme l’explique Héloïse. J’ai aussi appris que le cododo peut grandement faciliter la vie nocturne des parents. Si seulement j’avais découvert plus tôt les lits co-dodo comme en parle Héloïse (Ma vie de bébé, p.46 – 53) , cela m’aurait aidé à mieux dormir la nuit. J’ai découvert les lits co-dodos en Angleterre, bien plus répandus et communs qu’en France, c’est donc à partir de Bébé 3 que j’ai pu dormir et allaiter en même temps… et en toute sécurité ! 
Ces fausses croyances autour du sommeil de bébé sont alimentées par une pression sociale et cette fameuse question très française ” ton bébé fait-il ses nuits ?”. En 2012, j’ai déménagé en Angleterre où j’ai eu la joie d’accueillir trois autres bébés… Et cette phrase, je ne l’ai jamais entendue de la bouche d’un Anglais… et cela m’a aidée à être plus sereine !
Mon malaise en 2011 : je ne me sens pas de laisser mon bébé pleurer, car je sens qu’il a besoin de moi, mais ne suis-je pas une espèce d’ovni ? J’entendais de la part des générations précédentes que mon bébé en pleurant va faire ses poumons (what ???), et même si instinctivement je ne voulais pas le laisser pleurer, parfois je me demandais si je faisais bien de le prendre rapidement dans les bras. Héloïse tord le cou à ces croyances sur les pleurs (Ma vie de bébé, p. 56 à 61) et nous explique en quoi cela peut abîmer le cerveau de notre tout-petit de le laisser seul quand il pleure. J’ajouterai que moi, adulte, quand je pleure, j’ai besoin aussi d’être prise dans les bras, d’être entourée, de me sentir aimée… Même si mes pleurs semblent à mon entourage complètement inadaptés, les bras calment et apaisent ! Donc pourquoi priver mon enfant de ce qui, instinctivement, m’apaise ?
Mes interrogations en 2011 : la crèche, est-ce vraiment ce qu’il a de mieux pour mon bébé ? Quand j’étais enceinte, nous avons eu une place en crèche pour mon bébé, quelle joie ! Mais quand est arrivé le premier jour de crèche où je devais laisser mon tout petit, je me suis sentie très mal à l’aise en entendant une éducatrice qui berçait un bébé dans son transat : “il fait des caprices, il n’est content que dans les bras”. Euh… je me rendais bien compte alors à quel point mon jeune bébé de 2 mois et demi avait besoin des bras et je n’avais pas envie du tout qu’il soit toute la journée balancé dans un transat. Je ressentais intimement ce qu’écrit Héloïse (et qui s’appuie sur les études en neurosciences) : “il faut savoir qu’en tant que petit humain immature, je suis programmé pour vivre en fusion totale avec un adulte les premiers mois de ma vie. Et non pour vivre au milieu d’une jungle de mômes aussi inachevées que moi” (Ma vie de bébé, p.42.)Heureusement, je n’ai mis mon tout-petit que deux heures certaines après-midis, le temps de souffler un peu… et puis nous avons déménagé en Angleterre où mon bébé étant le seul bébé de la crèche, il passait ses trois demi-journées dans les bras de sa super “key person”. 
Mon leitmotiv depuis 2011 : des vêtements pratiques qui laissent toute liberté (ou presque !) à mes enfants pour sauter dans les flaques d’eau.J’ai découvert à mon arrivée en Angleterre en 2012 avec Bébé 1, la pluie continuelle, les flaques d’eau dans les parcs, les toboggans trempés… J’ai aussi découvert les salopettes imperméables, très répandues en Allemagne, mais inconnues dans les squares parisiens ! Je les ai toute de suite adoptées… et cela a facilité ma vie de maman. Pas besoin de faire attention à ce que mon bébé ou mon enfant ne se mouille ou ne se salisse pas. Combien de fois ai-je béni les inventeurs de ces salopettes qui me permettaient de profiter d’une balade en forêt sans m’inquiéter de l’état des vêtements de ma marmaille !  Héloïse parle du bienfait de sauter dans les flaques d’eau aux pages 88 à 92 de Ma vie de bébé. J’ajouterai juste que pour être zen en tant que parents, il faut être bien équipés ! 
La BD concrètement, elle se présente comment ? Elle est découpée en quatre parties qui présente d’une façon humouristique le développement du cerveau de l’enfant. 

  • Les périodes abordées : 

– Période périnatale – 0 – 1 an : L’âge des premières fois – 1 à 2 ans : A l’abordage – 2 – 3 ans : Dernière ligne droite avant l’école 

  • Les thèmes abordés : 

– la naissance, – la tétine, – l’endormissement, – l’école, – la crèche, – les pleurs, – les écrans, – le langage, – les fessées… 
Ce que j’ai adoré 

  • L’ancrage scientifique de l’ouvrage présenté d’une manière très accessible
  • L’humour de chacun des dessins 
  • La non-cupabilisation du parent. Par exemple, Héloïse explique que pour Bébé ce serait mieux de faire SANS tétine, mais conclue “Bref. Si vous pouviez donc me la mettre {la tétine} dans la bouche uniquement quand je dors et seulement ma première année, ce serait vraiment sympa de votre part !” (Ma vie de bébé, p.27)… Et même si j’avoue, certains passages m’ont fait des petits couacs dans le coeur (ah le nombre de fois où je crie alors que je ne le voudrais pas car je SAIS que c’est délétère pour mes enfants), Héloïse rassure le parent qui fait du mieux qu’il peut sans être parfait…et je me sens bien concernée !

Ce que j’aurais bien aimé (le point de vue de la psy et de la maman 😉 )

  • Héloïse est docteur en psychologie, ce qui veut dire qu’elle en connait une tonne sur le sujet, qu’elle a étudié à fond (de jour comme de nuit !) les ressorts de la petite enfance. Donc quand elle parle de pourcentages, elle sait ce dont elle parle (exemple Ma vie de bébé, p. 47 : 26% des enfants font leur nuit à 3 mois, 75% à 2 ans, ce qui va bien à contre-courant de nos fameuses croyances franco-françaises). Mais moi, avec ma petite curiosité de psy, j’aurais bien aimé à la fin de l’ouvrage un index reprenant ces études scientifiques, pour aller plus loin ! 
  • Et même si Héloïse l’évoque à plusieurs reprises, je pense qu’un chapitre spécialement dédié au bienfait du portage du bébé m’aurait beaucoup plu :-). 

En conclusion, je reprends les mots d’Héloïse :  “Tu sais, Papa, s’occuper d’enfants tous les jours un vrai défi. Aucun parent n’est parfait. Tous “dérapent” de temps en temps. Etre parent, c’est parfois perdre le contrôle de soi, regretter, s’excuser, faire demi-tour, tâtonner… A vrai dire c’est la répétition de ces violences qui est nocive” (Ma vie de bébé, p.121)
Merci Héloïse ! 

Voici quelques extraits de l’ouvrage Ma vie de bébé d’Héloïse Junier et Christophe Besse, qui font écho à mes propres fausses croyances 🙂

Juliette Lachenal,

Psychologue

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