Pourquoi je stresse ?

Le Dr Emmanuel Contamin est psychiatre, thérapeute et superviseur EMDR. Il a publié deux ouvrages d’auto-soin et d’auto-thérapie: Guérir de son passé: Avec l’EMDR et des outils d’autosoin chez Odile Jacob et Prenons soin de nous ! Guide pratique d’auto-thérapie. Il a créé un coaching vidéo pour apprendre à mieux vivre ses émotions et à gérer son stress
 
Le mot stress est utilisé pour la première fois en 1926 par un médecin hongrois-canadien, Hans Selye. C’est la réaction d’alarme et de défense de l’organisme face à une agression ou une menace. Lorsque vous devez réagir pour faire face à une situation désagréable, tout votre corps, sans que votre volonté n’y soit pour rien, est mobilisé pour vous protéger : vos muscles se tendent, vous êtes en éveil, votre pouls est plus rapide, votre respiration s’accélère, vous avez plus de sucre dans le sang, afin que vous soyez prêt à vous enfuir ou vous battre. Vous êtes soudainement plus concentré.e, vigilant.e, votre raisonnement se met en marche forcée. Vous pouvez ressentir aussi des tensions désagréables comme de la nausée, de l’oppression dans votre corps, l’envie de pleurer, de hurler. Vous pouvez moins bien contrôler vos gestes, vous mettre à trembler et à bégayer. Lorsque vous vivez un tel état de façon ponctuelle, c’est ce qu’on appelle un état de stress aïgu. Votre corps s’adapte à l’environnement pour vous protéger. C’est ce stress normal que vous ressentez par exemple avant un examen ou un entretien d’embauche. Il se résorbe spontanément une fois le danger passé. On peut dire qu’il s’agit d’un « bon stress ».
 
Alors que le stress normal est ponctuel, certains vivent dans un état de stress chronique, où leur corps est constamment en tension comme s’il devait se défendre en permanence, alors même que l’environnement n’est pas dangereux. Dans ce cas, le cerveau secrète en permanence (le)un neurotransmetteur du stress, le cortisol. C’est peut-être ce stress chronique que vous ressentez. Le matin, en vous levant, sans aucune raison, vous sentez déjà tout votre corps en tension. Vous avez du mal à vous endormir, il y a comme un petit vélo dans votre cerveau qui ne s’arrête pas. Vous ressentez de l’anxiété. Vous avez peur de faire des choses qui peuvent sembler banales (parler à la boulangère, prendre les transports). Cet état anxieux teinte votre vie entière de peur, comme si tout était dangereux ou source de problèmes potentiels. Il existe heureusement des techniques pour combattre l’anxiété afin que vous puissiez vivre une vie plus sereine et heureuse (ou)et déployer votre potentiel.
 
Parfois, lors d’un stress très intense déclenché par un événement traumatisant tel qu’un viol, une attaque terroriste ou un accident, le stress peut atteindre un niveau tellement élevé qu’il ne peut pas se résorber spontanément et qu’il se transforme en stress post-traumatique : cauchemars, flash-backs, fond anxieux plus ou moins permanent, réactions phobiques, fatigue, troubles de concentration et de mémoire, humeur triste. Pour sortir du stress post-traumatique, je vous encourage à vous faire accompagner par un praticien. Des pratiques thérapeutiques telles que l’EMDR, le brain-spotting ou la thérapie sensori-motrice sont très efficaces pour traiter le stress post-traumatique, parfois en quelques séances, dès la première apparition des symptômes. Au contraire, laisser s’installer le stress post-traumatique dans la durée peut entraîner une aggravation des symptômes. A coté de cette approche pour diminuer les émotions douloureuses, on peut aussi renforcer les émotions agréables.
 
En résumé, stresser lors de situations qui vous demandent toute votre mobilisation ou votre énergie est normal et bon. Ainsi votre corps vous aide à faire face à cette situation. En revanche, que ce stress devienne permanent ou qu’il surgisse à des moments sans danger n’est pas bon pour votre corps. Des techniques thérapeutiques et d’auto-soin efficaces existent pour s’en sortir. C’est pourquoi j’ai à cœur de transmettre ces outils, à travers un petit livre « Prenons soin de nous ! Guide pratique d’auto-thérapie », BoD, 2018 » et à travers le parcours Moins de stress, plus de sérénité, mieux vivre avec mes émotions.