Et si la relation que j’avais avec ma mère avait un impact sur … toutes mes relations ?

 

On entend parler de plus en plus d’attachement et pendant le “Sommet Soigner ses blessures,” Boris Cyrulnik nous a encore parlé. Alors, de quoi parle-t-on, concrètement ?  

C’est John Bowlby qui a fondé la théorie de l’attachement. Il a cherché à comprendre l’impact à long terme de la toute première relation d’un nourrisson avec son “caregiver” (c’est à dire celui qui prend soin de lui, souvent la mère). Grosso modo : comment vont évoluer mes relations (amoureuses, ou amicales) selon la relation que j’ai eu avec ma propre mère. Ce n’est pas magique, c’est scientifique. Cette théorie est basée sur le principe que chaque être humain qui naît dispose d’un système motivationnel inné qu’est l’attachement. Hum, ça y’est, je vous ai perdu ? Cela veut dire tout simplement que notre première motivation, notre premier besoin, au-delà d’être nourri, c’est d’être en lien. L’enfant possède des comportements innés, qu’il n’a pas appris, et qui lui permettent de trouver la proximité avec son “caregiver”. Par exemple, les pleurs, qui surviennent quand le bébé a faim, ou froid, ou chaud, ou a la couche pleine etc., permettent au bébé d’attirer l’attention de son “caregiver” dans le but qu’elle s’occupe de lui adéquatement.  

Du coup, comme tout le monde ne reçoit pas le même type de soins, les profils d’attachement divergent aussi. 

Selon John Bowlby, il existe 4 grands profils d’attachement.

D’abord, il y l’attachement sécurisant, qui est le plus commun. Un attachement sécurisant se forme lorsque le fournisseur de soins primaire est attentif aux signaux et besoins de son bébé, réceptif à sa détresse, et parvient à y répondre adéquatement et avec constance. Cette tendance établit une relation de confiance entre le nourrisson et le caregiver et va encourager le nourrisson à explorer librement son environnement en présence de sa figure d’attachement première car il se sent en sécurité. A l’âge adulte, les personnes qui ont un attachement sécurisant type d’attachement savent communiquer sainement et former des relations équilibrées avec les autres. 

Après, il existe trois formes d’attachements insécurisants : 

Un nourrisson risque de développer une forme d’attachement insécurisant lorsqu’il ressent un manque de réponse physique, psychologique ou émotionnelle adéquate de la part de son caregiver quand il est en détresse. Ou bien quand les réponses du caregiver sont imprévisibles.  

  1. L’attachement insécurisant de type évitant 

L’attachement évitant est associé à un modèle dans lequel le caregiver ne fournit pas au nourrisson le réconfort adéquat ou suffisant dont il a besoin lorsqu’il est en difficulté ou détresse. Du coup, le modèle suggère que ces nourrissons ont appris à maîtriser leur détresse seuls face au manque de réconfort et cela peut se traduire par un enfant qui ne se soucie pas du tout de la présence ou non de sa figure d’attachement première. A l’âge adulte, ce type d’attachement peut se traduire par une méfiance vis-à-vis des autres et des difficultés à demander de l’aide ou exprimer ses émotions. 

  1. L’attachement insécurisant de type préoccupé : 

Un nourrisson est à risque de développer un attachement préoccupé lorsque le caregiver réagit de façon non constante aux signaux de détresse du nourrisson. Face à l’incertitude, le nourrisson va donc en permanence chercher à obtenir l’attention de la figure d’attachement au détriment de s’ouvrir au monde qui l’entoure. A l’âge adulte, les personnes témoignant d’un attachement préoccupé peuvent présenter une tendance à l’hyperémotivité et une crainte marquée de l’abandon en cherchant à être rassurées en permanence

  1. L’attachement insécurisant de type désorganisé : 

Enfin, l’attachement désorganisé est considéré comme une forme extrême d’attachement insécurisant. En général, les nourrissons témoignant de ce type d’attachement ont subi une forme de maltraitance. Ce type d’attachement se caractérise par des comportements inhabituels de la part du nourrisson en présence du caregiver (détournement de la tête, postures étranges, immobilité) qui suggère une peur ou confusion par rapport à leur figure d’attachement. A l’âge adulte, les personnes avec un attachement de type désorganisé oscillent en permanence entre les styles préoccupé et évitant, c’est à dire qu’elles ont tendance à manifester des comportements contradictoires entre dépendance affective et désactivation complète du système d’attachement. Leur confiance en eux et en autrui est perturbée, fluctuante, et leurs réactions émotionnelles sont imprévisibles. 

Que dois-je faire si je constate que j’ai un attachement insécurisant ? 

Surtout, pas de panique ! Les troubles de l’attachement sont très communs et très bien traités par diverses formes de thérapies. Par exemple, la thérapie ICV, l’EMDR peut être efficace pour traiter ces problèmes.

 

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