J’ai vécu un attentat et je m’en suis sorti

J'ai vécu un attentat, j'ai cru que j'allais en mourir.

En 2017, j’ai eu la malchance d’être témoin d’un attentat, aux États-unis. Cet épisode a été vraiment traumatisant pour moi : je ne dormais plus la nuit, je faisais beaucoup de cauchemars, j’avais peur d’être dans un endroit fermé, que ça se reproduise et que je ne puisse pas m’enfuir. Pour résumer je vivais dans la peur constante et ça détruisait ma vie. Je suis allée voir un psychologue spécialisé en EMDR (je vous explique ici ce qu’est l’EMDR). Ça a été le plus grand changement de ma vie. Au fur et à mesure les cauchemars et la peur disparaissaient, le souvenir est resté dans ma mémoire mais il n’est plus associé à des émotions de peur ou de colère, il fait parti de moi mais ne m’envahit plus. Il a forgé la personne que je suis maintenant.

Pourquoi ce que j’étais vécu était ce qu’on appelle un stress post-traumatique ?

Tout d’abord, il est important de comprendre ce qu’est un « évènement potentiellement traumatique ». Dans mon cas il s’agit de l’attentat, cet évènement a représenté une menace pour mon intégrité, c’est survenu de manière soudaine et non anticipée (je n’aurais jamais imaginé que ça puisse arriver). Au moment précis j’avais en moi un sentiment de terreur, de détresse, d’effroi, d’impuissance… j’avais peur.

Mais le stress post-traumatique n’est pas réservé qu’aux attentats. La gamme des événements traumatiques est large : Violence physique ou sexuelle, accident, catastrophe naturelle, guerre, exposition à des scènes de violence, chutes, maltraitances, agression etc.

Pour que vous compreniez mieux, le « trouble du stress post-traumatique » se présente en deux temps, je vais illustrer cela avec mon histoire : 

  • Dans un premier temps il y a une blessure psychique, mental, du à un évènement inattendu qui cause une grande frayeur. Pour ma part, cette blessure psychique a été l’attentat. 
  • Et dans un second temps, c’est le retour de cet évènement, le retour de la souffrance. Cet évènement peut laisser de terribles séquelles. Pour ma part j’avais l’impression de revivre la scène en permanence (j’avais des cauchemars et des flashbacks); j’essayais d’éviter de souvenir (c’est à dire que je n’en parlais pas, j’essayais de ne pas y penser, j’évitais les lieux et les personnes qui me rappelais l’évènement); j’étais devenue triste, je n’avais plus d’intérêt pour ce que j’aimais faire avant l’attentat (ce qu’on appelle les troubles de l’humeur). 

Mais il existe également d’autres symptômes :

  • Une difficulté à se concentrer, de l’hypervigilance (le fait d’être toujours sur ses gardes), des troubles du sommeil : c’est ce qu’on appelle les troubles du comportements.
  • Le fait de ne plus ressentir aucune émotion ou au contraire le fait de ressentir de la colère, de la tristesse, de l’irritabilité : des troubles de l’humeur. 

Ma thérapie a marché.

J’ai suivi une thérapie pendant plusieurs mois, ma psychologue était spécialisé en EMDR. J’ai fais une dizaine de séance d’EMDR. Ça a été difficile au début, j’avais peur de parler de ce souvenir douloureux, je n’en parlais jamais, je faisais comme si ça n’avait jamais existé, et j’avais peur que en en parlant ça devienne réel. Mais finalement ça m’a libéré, j’ai pu parlé de manière libre de tout ce dont j’avais envie, de tout ce que je ressentais sans honte. 

Au fur et à mesure de la thérapie, mes cauchemars se sont estompés, ma peur également. Comme je l’ai expliqué plus haut le souvenir de l’attentat est toujours dans ma mémoire, mais il n’est plus associé à des émotions de peur, de crainte, ou d’angoisse. C’est un évènement de ma vie, mais il est désormais derrière moi, ma vie a repris un courant normal. 

On me demande souvent si à un moment de ma thérapie je me suis sentie moins bien. Pour ma part c’est surtout le début qui a été compliqué, devoir parler et expliquer, mais une fois cela dépassé ça a été simple pour moi. Mais je sais que ce n’est pas pareil pour tout le monde, c’est normal que ce soit dur, travailler sur soi même c’est toujours difficile, mais c’est un cap qui change la vie à jamais. 

Les autres types de thérapies :

Plusieurs approches sont efficaces pour traiter les TSPT, plus les personnes sont traitées rapidement, moins les risques que les symptômes deviennent chroniques, c’est à dire qui dure dans le temps, sont grands.

Il y a des soins à court terme :

  • L’EMDR : L’EMDR est un protocole qui s’appuie sur des stimulations bilatérales alternées (oculaires, tactiles ou auditives), un travail sur les émotions, les cognitions et les sensations corporelles.
  • L’ICV : Cette approche est basée sur la répétition d’une liste chronologique de souvenirs depuis la naissance jusqu’à aujourd’hui afin de faciliter l’intégration neuronale et une guérison profonde d’un large éventail de symptômes chez les patients de tous âges.
  • L’hypnose : Cet état naturel est sollicité par le thérapeute afin de faciliter le changement désiré ou même réduire la perception douloureuse (on opère à l’hôpital sous hypnose !) 

Et il existe également des soins à plus long terme :

  • Entreprendre une psychothérapie

Les réseaux et associations pour les victimes de TSPT :

Lorsqu’on est victime d’un évènement comme ça, ce n’est pas que médical et psychologique : c’est aussi juridique par exemple. C’est pourquoi de nombreuses associations sont là pour nous offrir de l’aide, du soutien et de l’accompagnement.

  • INAVEM, l’institut d’aide aux victimes et de médiation
  • SOS attentats
  • APEV, l’association des parents d’enfants victimes
  • CPIV, centre du psychotrauma
  • AREDOC, l’association pour l’évaluation du dommage corporel représentant les médecins conseils d’assurance

Vous pouvez aussi prendre rendez-vous avec nos psychologues

Et si vous êtes perdus nous pouvons aussi vous conseiller.

Si je n’avais qu’un conseil à donner, ce serait : foncez vous faire aider par un psy qualifié, on peut sortir du stress post-traumatique !

Clara Charbonnier

Nos psychologues qui traitent le stress post traumatique :