Ce que recouvrent les mots qu'on emploie tous les jours, et ce qu'ils désignent précisément.
Risques psychosociaux (RPS)
Les risques psychosociaux désignent les risques pour la santé physique et mentale des salariés qui trouvent leur origine dans l'organisation du travail, les relations professionnelles et les conditions d'emploi. Ils ne relèvent pas de la fragilité individuelle : ce sont des risques professionnels au même titre que le bruit ou les produits chimiques, et ils s'évaluent dans le document unique. Le rapport Gollac en identifie six familles de facteurs.
Stress au travail
Le stress survient lorsqu'un salarié perçoit un déséquilibre entre ce que son travail exige de lui et les ressources dont il dispose pour y faire face. Il est ponctuel et adaptatif dans sa forme aiguë. Il devient pathogène quand il s'installe : le corps reste en tension sans jamais récupérer, ce qui use le sommeil, l'attention, le système cardiovasculaire et les relations de travail.
Burn-out (épuisement professionnel)
Le burn-out est un syndrome d'épuisement lié à un stress professionnel chronique mal maîtrisé. La CIM-11 le décrit par trois dimensions : épuisement, distance mentale vis-à-vis du travail, perte d'efficacité. Ce n'est pas une maladie mentale mais un phénomène lié au travail : il ne se soigne durablement qu'en agissant sur l'organisation qui l'a produit. Comment l'anticiper.
Charge mentale
La charge mentale désigne l'effort cognitif exigé par une tâche : mémoriser, arbitrer, rester vigilant, gérer les interruptions. Elle se distingue de la charge de travail, qui se compte en volume. Deux salariés ayant le même nombre de dossiers peuvent porter des charges mentales très différentes selon l'imprévisibilité, la responsabilité engagée et le nombre d'interruptions subies.
Conflit de valeurs et souffrance éthique
Le conflit de valeurs apparaît quand un salarié doit faire un travail qu'il désapprouve, ou qu'il estime mal fait faute de temps ou de moyens. C'est l'un des six facteurs de Gollac, et l'un des plus prédictifs de l'épuisement dans les métiers du soin, de l'accompagnement et de la relation client. La souffrance éthique en est la forme aiguë : avoir le sentiment de trahir le sens de son métier.
Absentéisme
L'absentéisme désigne les absences non programmées, par opposition aux congés et à la formation. Il se mesure par un taux : heures d'absence rapportées aux heures théoriques. Un taux qui monte est un signal, jamais un diagnostic : il peut traduire une pyramide des âges, une épidémie ou une dégradation des conditions de travail. Pourquoi les contrôles ne le font pas baisser.
Présentéisme
Le présentéisme désigne le fait d'être au travail sans être en état de travailler : venir malade, rester tard sans produire, être là physiquement et absent mentalement. Il coûte généralement plus cher que l'absentéisme parce qu'il est invisible dans les tableaux de bord, et parce qu'il précède souvent l'arrêt long.
Turnover
Le turnover, ou rotation du personnel, mesure la part de salariés qui quittent l'entreprise sur une période donnée. Lu seul, il dit peu. Lu par service, par ancienneté et par motif de départ, il devient l'un des meilleurs indicateurs de la qualité du management de proximité : les démissions en première année pointent le recrutement et l'intégration, celles après trois ans pointent les perspectives.
Violence externe au travail
La violence externe désigne les agressions verbales, les menaces ou les violences physiques exercées sur des salariés par des personnes extérieures à l'entreprise : clients, usagers, patients, accompagnants. Elle relève de l'obligation de sécurité de l'employeur exactement comme un risque interne, et se prévient par l'organisation de l'accueil, les procédures d'alerte et la formation des équipes exposées.
Harcèlement moral
Le harcèlement moral est défini par l'article L1152-1 du code du travail comme des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits, à la dignité, à la santé ou à l'avenir professionnel du salarié. L'intention de nuire n'est pas requise : l'effet suffit. Où passe la frontière avec un management exigeant.
Harcèlement sexuel
L'article L1153-1 du code du travail vise les propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés qui portent atteinte à la dignité d'une personne ou créent une situation intimidante, hostile ou offensante. Il vise aussi, sans condition de répétition, toute forme de pression grave exercée dans le but d'obtenir un acte de nature sexuelle. Ce que tout manager doit savoir.
Agissement sexiste
L'agissement sexiste est défini à l'article L1142-2-1 du code du travail : tout agissement lié au sexe d'une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. Un seul fait suffit à le caractériser, contrairement au harcèlement moral. Le cadre légal complet.