Le stress est la réaction d'alarme et de défense de l'organisme face à une menace. Ponctuel, il est normal et utile : c'est le « bon stress », qui se résorbe une fois la situation passée. Quand il devient permanent, même sans danger, on parle de stress chronique, souvent accompagné d'anxiété. Après un événement très violent, il peut se transformer en stress post-traumatique, qui demande un accompagnement par un professionnel. L'entreprise agit différemment à chaque niveau : préserver la récupération, traiter les causes dans la prévention des RPS, et déployer un soutien psychologique après un événement grave.
Article tiré de le contenu « Pourquoi je stresse ? » de Dr Emmanuel Contamin dans l'application PepPsy, adapté pour les RH et les dirigeants par l'équipe PepPsy.
Le stress aigu : une réaction normale, et même utile
Le stress est la réaction d'alarme et de défense de l'organisme face à une agression ou à une menace. C'est l'endocrinologue Hans Selye qui en a popularisé la notion. Face à une situation désagréable, tout le corps se mobilise pour protéger la personne, sans que sa volonté y soit pour rien : les muscles se tendent, le pouls et la respiration s'accélèrent, le sang se charge en sucre pour être prêt à fuir ou à combattre. La concentration et la vigilance augmentent.
Cette réaction peut aussi être inconfortable : nausée, oppression, envie de pleurer ou de crier, tremblements, mots qui accrochent. Vécue ponctuellement, avant un entretien, une négociation ou une prise de parole, elle se résorbe d'elle-même une fois l'épreuve passée. Le Dr Contamin parle alors de « bon stress » : le corps s'adapte pour aider à faire face.
Le stress chronique et l'anxiété : quand l'alarme ne s'éteint plus
Le problème commence quand l'alarme reste allumée. Dans le stress chronique, le corps est constamment en tension, comme s'il devait se défendre en permanence, alors même que l'environnement n'est pas dangereux. Le cerveau sécrète en continu l'hormone du stress, le cortisol.
Concrètement, la personne se lève déjà tendue, sans raison apparente. Elle a du mal à s'endormir, avec « un petit vélo dans la tête » qui ne s'arrête pas. Une anxiété s'installe : des choses banales, comme prendre les transports ou passer un appel, deviennent sources d'appréhension, comme si tout était dangereux ou porteur de problèmes.
Le stress chronique lié au travail n'est pas une fragilité individuelle à corriger par quelques exercices de respiration. Quand il touche une équipe, il signale des facteurs de risque dans l'organisation du travail : charge, manque de marges de manœuvre, exigences émotionnelles, conflits, insécurité. C'est le cœur des six facteurs de risques psychosociaux.
Le stress post-traumatique : après un événement grave
Parfois, un événement d'une violence extrême (un accident, une agression, une attaque) déclenche un stress si intense qu'il ne se résorbe pas spontanément. Il peut alors se transformer en stress post-traumatique : cauchemars, flash-backs, fond d'anxiété plus ou moins permanent, réactions de peur, fatigue, troubles de la concentration et de la mémoire, humeur triste.
Le Dr Contamin encourage à se faire accompagner par un praticien dès l'apparition des symptômes : laissé sans prise en charge, le stress post-traumatique peut s'aggraver avec le temps. Des approches spécifiques existent, dont l'EMDR, que l'Organisation mondiale de la santé recommande pour le traitement du trouble de stress post-traumatique.
Dans une entreprise, ces événements ne sont pas rares : accident grave sur un site, agression d'un salarié au guichet, braquage, décès brutal d'un collègue. Ceux qui ont vu, entendu ou porté secours sont concernés, et pas seulement la victime directe.
Ce que l'entreprise peut faire, niveau par niveau
| Stress aigu | Stress chronique, anxiété | Stress post-traumatique | |
|---|---|---|---|
| Déclencheur | Une épreuve ponctuelle | Une tension qui dure, sans danger réel | Un événement d'une grande violence |
| Évolution | Se résorbe une fois la situation passée | S'installe et colore le quotidien | Peut s'aggraver sans prise en charge |
| Réponse de l'entreprise | Préparer les moments exposés, préserver des temps de récupération | Agir sur les causes : évaluation des RPS, plan d'actions, formation des managers | Soutien psychologique rapide, collectif et individuel, puis suivi |
- Pour le stress du quotidien, les ateliers de prévention donnent à chacun des outils concrets, et la formation Gérer son stress et celui de son équipe aide les managers à protéger la récupération de leur équipe.
- Pour le stress chronique, la réponse est d'abord organisationnelle : l'évaluer dans le DUERP et construire un plan d'actions RPS avec ceux qui font le travail.
- Après un événement grave, une cellule psychologique d'urgence permet aux personnes exposées d'être écoutées rapidement par des psychologues, et d'être orientées si des symptômes persistent. La ligne d'écoute prend ensuite le relais.
Stresser face à une situation qui demande toute son énergie est normal et bon. Que ce stress devienne permanent, ou qu'il surgisse sans danger, ne l'est pas. Des techniques efficaces existent pour s'en sortir, et il ne faut pas attendre pour se faire aider.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le stress et l'anxiété ?
Le stress est une réaction d'alarme face à une situation précise, qui retombe une fois la situation passée. L'anxiété est une appréhension qui persiste sans danger réel et qui colore tout le quotidien. Un stress devenu chronique s'accompagne souvent d'anxiété.
Le stress au travail est-il un risque psychosocial ?
Oui. Le stress lié au travail fait partie des risques psychosociaux que l'employeur doit évaluer dans son document unique et prévenir, au titre de son obligation de sécurité envers la santé physique et mentale des salariés (art. L4121-1 du Code du travail).
Que faire après un événement traumatisant au travail ?
Mettre les personnes en sécurité, puis leur proposer rapidement un soutien psychologique, collectif et individuel, par des psychologues. Les personnes qui gardent des symptômes (cauchemars, flash-backs, anxiété) doivent être orientées vers un praticien, car le stress post-traumatique peut s'aggraver sans prise en charge.




