Les risques psychosociaux (RPS) sont les risques pour la santé mentale, physique et sociale créés par les conditions d'emploi et par l'organisation et les relations de travail. Ils prennent trois formes principales : le stress, les violences internes (harcèlement moral ou sexuel, conflits) et les violences externes (agressions, menaces venant du public). On les analyse selon six familles de facteurs : intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, manque d'autonomie, rapports sociaux dégradés, conflits de valeurs et insécurité de la situation de travail. L'employeur doit les évaluer dans son document unique (DUERP) et les prévenir.
Qu'est-ce qu'un risque psychosocial ?
La définition de référence vient du collège d'expertise présidé par le statisticien Michel Gollac, dont le rapport a été remis au ministère du Travail en 2011. Les risques psychosociaux y sont définis comme les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d'emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d'interagir avec le fonctionnement mental.
Deux idées sont à retenir. D'abord, un risque psychosocial n'est pas une fragilité de la personne : il naît du travail, de la façon dont il est organisé et des relations qu'il crée. Ensuite, ses effets ne sont pas seulement psychologiques : ils touchent aussi le corps et la vie sociale.
Le glossaire PepPsy définit les notions voisines : QVCT, burn-out, harcèlement, obligation de sécurité, CSE et CSSCT.
Les trois formes de risques psychosociaux
L'INRS, l'institut national de recherche et de sécurité, regroupe les RPS en trois grandes formes, qui se combinent souvent.
- Le stress au travail : il apparaît quand une personne perçoit un déséquilibre entre ce qu'on lui demande et les ressources dont elle dispose pour y répondre. Ponctuel, il mobilise ; chronique, il use. Notre article stress et anxiété au travail distingue ses différents niveaux.
- Les violences internes : celles qui se produisent entre collègues ou avec la hiérarchie, comme le harcèlement moral, le harcèlement sexuel, les agissements sexistes ou les conflits qui dégénèrent. Voir le cadre légal du harcèlement au travail.
- Les violences externes : insultes, menaces ou agressions de la part de clients, d'usagers ou de patients. Elles concernent particulièrement le commerce, le transport, la santé et les services publics.
L'épuisement professionnel, ou burn-out, est souvent la conséquence d'une exposition longue à ces risques, en particulier au stress chronique.
Les 6 familles de facteurs de risques psychosociaux
Le rapport Gollac classe les facteurs de risque en six familles. C'est la grille la plus utilisée pour évaluer les RPS d'une entreprise et les inscrire dans le document unique. Notre article sur les six facteurs de Gollac détaille comment les coter.
| Famille de facteurs | Ce que cela recouvre | Exemples sur le terrain |
|---|---|---|
| Intensité et temps de travail | Quantité de travail, pression temporelle, complexité, horaires, interruptions | Objectifs irréalistes, cadences, sous-effectif chronique, mails le soir et le week-end |
| Exigences émotionnelles | Contact avec la souffrance, le public, devoir cacher ses émotions | Soignants, travailleurs sociaux, guichets, centres d'appels, gestion des réclamations |
| Manque d'autonomie | Peu de marges de manœuvre, pas de participation aux décisions, compétences inutilisées | Procédures rigides, travail prescrit à la minute, aucun mot à dire sur l'organisation |
| Rapports sociaux dégradés | Manque de soutien des collègues et de la hiérarchie, manque de reconnaissance, management défaillant | Conflits non traités, isolement, manager absent ou débordé, harcèlement |
| Conflits de valeurs | Devoir faire un travail contraire à ses valeurs ou bâclé faute de moyens | Qualité empêchée, consignes commerciales jugées contraires à l'éthique, sentiment de travail inutile |
| Insécurité de la situation de travail | Peur de perdre son emploi, changements subis, avenir flou | Restructuration, plan social, rachat, réorganisations successives mal expliquées |
Une démarche RPS ne se limite pas à lister ce qui va mal. Le soutien d'un collectif, la reconnaissance, l'autonomie ou le sens du travail protègent les équipes. Les repérer, c'est trouver les premiers leviers du plan d'actions.
Les conséquences pour les salariés et pour l'entreprise
Pour les salariés, une exposition durable aux RPS peut entraîner des troubles anxieux et dépressifs, un épuisement professionnel, des troubles du sommeil, des troubles musculosquelettiques ou des maladies cardiovasculaires, et dans les situations les plus graves des idées suicidaires.
Pour l'entreprise, les effets se lisent dans les indicateurs : absentéisme, turnover, difficultés de recrutement, accidents du travail, baisse de la qualité, conflits, dégradation du climat social et de l'image employeur. Les RPS ont aussi un coût juridique quand la responsabilité de l'employeur est engagée.
Ce que dit la loi
- Obligation de sécurité : l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (Code du travail, art. L4121-1).
- Principes généraux de prévention : éviter les risques, les évaluer, les combattre à la source, adapter le travail à l'homme, planifier la prévention en y intégrant l'organisation du travail, les relations sociales et les risques liés au harcèlement (art. L4121-2).
- Évaluation et document unique : les RPS font partie des risques à évaluer et à transcrire dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (art. L4121-3 et R4121-1). Le DUERP est mis à jour au moins chaque année dans les entreprises d'au moins 11 salariés (art. R4121-2).
- Harcèlement : le harcèlement moral (art. L1152-1) et le harcèlement sexuel (art. L1153-1) sont interdits, et l'employeur doit les prévenir.
- Accords collectifs : l'accord national interprofessionnel du 2 juillet 2008 porte sur le stress au travail.
Le CSE est associé à la démarche, et, dans les entreprises d'au moins 50 salariés, consulté sur le programme annuel de prévention.
Prévenir les risques psychosociaux : la démarche
On distingue trois niveaux de prévention. La prévention primaire agit sur les causes, dans l'organisation du travail : c'est la plus efficace et celle que demande la loi en priorité. La prévention secondaire donne aux personnes et aux managers les moyens de repérer et de faire face. La prévention tertiaire prend en charge les personnes déjà en difficulté et limite les conséquences.
- S'engager et constituer un groupe de travail qui réunit direction, RH, managers, représentants du personnel et personnes de terrain.
- Évaluer les facteurs de risque et les facteurs de protection, par unité de travail, avec la grille des six familles. Un questionnaire n'est pas obligatoire : un groupe de travail représentatif dit souvent l'essentiel (voir notre méthode sans enquête ni baromètre).
- Construire un plan d'actions priorisé, avec des responsables, des échéances et des indicateurs, et l'intégrer au DUERP.
- Former les relais : managers, RH et sentinelles en santé mentale capables de repérer, d'écouter et d'orienter.
- Proposer un soutien aux salariés en difficulté, par une ligne d'écoute et une cellule psychologique en cas d'événement grave.
- Suivre et ajuster : un comité qui se réunit régulièrement et met à jour le plan chaque année.
Se limiter à la prévention tertiaire : un numéro d'écoute, un atelier de gestion du stress, et rien sur l'organisation du travail. Ces dispositifs sont utiles, mais ils ne remplacent pas l'action sur les causes.
Comment PepPsy vous accompagne
- Plan d'actions RPS et QVCT : trois jours avec un groupe de travail, autour de la Fresque de la Performance Sociale PepPsy©, pour un plan priorisé intégré au DUERP.
- Formations certifiées Qualiopi pour les managers, les RH, les comités de direction et les sentinelles.
- Ateliers de prévention de 30 minutes à 2 heures, animés par des psychologues.
- Ligne d'écoute psychologique pour les salariés et cellule psychologique d'urgence après un événement grave.
- Volet RPS des PSE et des restructurations.
Questions fréquentes
Quelle est la définition des risques psychosociaux ?
Ce sont les risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d'emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d'interagir avec le fonctionnement mental (rapport du collège d'expertise Gollac, 2011).
Quels sont les 6 facteurs de risques psychosociaux ?
L'intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, le manque d'autonomie, la mauvaise qualité des rapports sociaux au travail, les conflits de valeurs et l'insécurité de la situation de travail.
Quels sont des exemples de risques psychosociaux ?
Une surcharge de travail durable, des objectifs irréalistes, un harcèlement moral ou sexuel, des conflits non traités, des agressions de clients, un manque de reconnaissance, une restructuration mal accompagnée.
Les RPS doivent-ils figurer dans le DUERP ?
Oui. Les risques psychosociaux font partie des risques professionnels que l'employeur doit évaluer et transcrire dans le document unique, mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins 11 salariés.
Quelle différence entre RPS et QVCT ?
Les RPS désignent les risques à prévenir. La qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) désigne la démarche qui améliore le travail et ses conditions. Les deux se rejoignent : agir sur la QVCT est l'un des moyens de réduire les RPS.
Qui est responsable de la prévention des RPS ?
L'employeur, au titre de son obligation de sécurité. Il s'appuie sur les managers, les RH, le CSE, le service de prévention et de santé au travail et, si besoin, sur des intervenants extérieurs comme des psychologues du travail.


